Voici la liste des oeuvres que je lis, compulse, résume. Pour les lycéens et les profs, j'ai décidé de partager mes résumés et mes présentations des grands classiques de la littérature (principalement française). Voici aussi des listes destinées à ceux qui ne savent pas quoi conseiller à leurs enfants ou ados, pour qui la lecture est une tâche difficile...
10 Décembre 2016
FEDERICO GARCIA LORCA (1898-1936), Complaintes gitanes – Romancero gitano
Introduction
18 textes composés entre 1924 et 1927. Enthousiasme avant leur parution lors des lectures en public.
Amitié avec Salvador Dali qui lui transmet des idées esthétiques d’avant-garde (1926). Puis rupture et Dali affiche avec Bunuel un mépris désinvolte et provocateur pour l’Andalousie traditionnelle (antonyme de la Catalogne d’avant-garde).
Amis de Garcia Lorca : génération de 1927. Après la publication de ce recueil, il adopte une grande liberté formelle. Complaintes gitanes : sommet de son œuvre avant une rupture.
Rapprochement de deux traditions puissantes en Espagne : la forme poétique du romance et le monde gitan.
Titre original : Primer romancero gitano. Adj « premier » est abandonné en 1933.
Esprit andalou, le duende = pour le poète est au-delà de l’esprit régionaliste et est à rechercher au-delà de l’époque musulmane ou de l’époque romaine de l’Andalousie : racines helléniques font du chant des Gitans un témoignage de la spiritualité méditerranéenne. Donc attachement du poète a une dimension universelle au-delà du pittoresque.
Première formation du poète : formation de pianiste. Transmission à sa poésie des rythmes du cante jondo, le chant profond des Gitans plein de « peine sombre ». Phrases brèves et ponctuation correspond davantage au rythme qu’à la syntaxe. Rythme saccadé du flamenco s’accouple au rythme bien plus lent de la romance.
Forme poétique pratiquée en Espagne depuis le MA composée de vers de 8 syllabes uniquement rimés par une assonance sur les deux dernières voyelles au vers pair. Ces caractéristiques en font une poésie narrative par excellence (effet d’attente) faite pour être chantée, d’autant que la longueur du poème est indéfinie.
Forme privilégiée de la poésie médiévale en Espagne (comme la chanson de geste en France).
Ppx thèmes : récit de la conquête par les Chrétiens du sol occupé par les Musulmans. Récit des hauts faits du Cid (héros pourfendeur des Arabes au XIè siècle) et de ses amours = objet d’un cycle de romances fondateur pour les Espagnols.
Cette forme poétique n’est pas abandonnée à la Renaissance espagnole qui ne tourne pas le dos au MA. Supports se multiplient et nouveaux thèmes : évoquent les anciens récits épiques, l’histoire des rois contemporains ou des rois de légende mais aussi des amours contrariées, des trahisons, des retrouvailles, des récits bibliques, la vie des Saints ou encore des faits divers plus récents.
Mémoire de ces textes encore vivace au début du XXème siècle. Lorca s’y réfère précisément en revisitant les thèmes classiques du romancero :
De plus, Lorca y ajoute des images étonnantes inspirées par les images de son temps. Cf Le Martyre de Sainte Eulalie, texte le plus riche en métaphores audacieuses (thème de la torture s’adapte à l’esthétique de la cruauté développée chez les Surréalistes).
Œuvre syncrétique : classique et moderne, savante et populaire, régionale et universelle, érudition littéraire et musicale.
Trois éditions en français. Celle-ci tente de retranscrire le mètre et la rime pour donner son mouvement musical et tragique au recueil, de transposer les caractéristiques du romance en français.
Décompte des syllabes différent dans les deux langues -> en espagnol la mesure est donnée au vers par l’accentuation qui porte sur l’accent tonique situé sur la septième syllabe (pour l’octosyllabe).
Donc traduction en français par des vers de 7 ou 8 syllabes : 7 en heptasyllabes et 8 en octosyllabes. Seul poème dans lequel le choix du mètre n’est pas maintenu : Burla de don Pedro a caballo qui a une métrique irrégulière. Une seule voyelle est retenue pour la rime.
Traduction des mots : certains se réfèrent à des réalités inexistantes en langue française. Traduction donne des mots de sens proche (ex de romance/complainte). Traduction avec précision des mots rares dont l’équivalent existe en français ( ex des noms de végétaux méditerranéens : tubéreuse)
Titre du poème | Thèmes et remarques- Prosodie |
A Conchita Garcia Lorca | Lune meurtrière d’un enfant. Gitans
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A Damaso Alonso | Préciosa, gitane, proie du vent. Vent comparé à Saint Christophe (patron des voyageurs), personnification. Vent violeur, elle est recueillie par le consul des Anglais. L’omniprésence du vent persiste. |
A Rafael Mèndez | Combat de chevaliers : 5 Carthaginois contre 4 Romains. |
A Gloria Giner et à Fernando de los Rios | Couleur verte. Femme à la balustrade. Lune. Dialogue entre un cavalier blessé et un compère situé à la balustrade : le premier lui demande l’autorisation d’entrer, l’autre lui répond que c’est impossible car il n’a plus ni maison, ni visage. Les amis montent sur les balustrades. Le cavalier demande au compère où est sa fille habituellement placée à la balustrade. La gitane est retenue à la surface du puits par la lune. Elle est morte (champ lexical de la froideur). Images surréalistes. |
A José Moreno Villa | Tableau d’une nonne gitane qui brode. Végétation. Cinq plaies du Christ. Deux écuyers ? Jalousie : envie d’aller parcourir la nature. |
A Lydia Cabrera et à sa petite Négresse. | Récit d’un adultère entre un gitan et une jeune fille à la première personne (je=le gitan). Complicité de la nature : dans la vase, près de la rive. Nécessaire de couture. |
A José Navarro Pardo | Soledad Montoya (el duende ?) Récit de l’apparition de cette femme et dialogue entre elle et le poète. Constat par le poète de la peine de Soledad : « Tes larmes sont du citron ». Tonalité lyrique : « Ô, la peine des Gitans ». |
A Diego Buigas de Dalmau | Grenade, sud-est de l’Andalousie. Ânes sur la pente. Archange Saint-Michel (patron du catholicisme, allégorie de la foi chrétienne sur le mal, salut des âmes entre l’enfer et le paradis -représenté avec une balance ou des ailes dans le dos et attributs guerriers). L’archange est féminisé (dentelles) par le poète. Mer qui danse sur la plage. Balcons. Image de romantisme décadent. |
A Juan Izquierdo Croselles | Cordoue : dans le sud de l’Espagne en Andalousie. Saint Raphaël : 3ème archange reconnu par l’église catholique, patron des voyageurs sur terre, sur mer et dans les airs. Tobie : Le livre de Tobie se présente comme un roman édifiant. Il raconte l'histoire de deux infortunes qui vont trouver leur solution. Il y a d'une part Tobit, un Juif pieux qui fait partie de la déportation à Ninive. Victime d'une maladie des yeux, il devient aveugle et réduit à la misère. Son fils, Tobie part alors dans un long voyage pour recouvrer une créance. Il y rencontrera sa future épouse, Sara, victime d'un démon qui fait périr ses fiancés au fur et à mesure qu'ils se déclarent...
Perception de la ville de Cardoue : Eaux, fleuve, vieilles autos, enfants tissent, marbre, fer. Dans la 2ème strophe, évocation de Tobie et de Merlin, de l’archange. Poisson. |
A Dom Agustin Vinuales | Saint Gabriel est un archange considéré comme un messager de bonnes nouvelles dans la Bible. Aspect semblable à celui d’un homme robuste.
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A Margarita Xirgu. | Arrestation par quatre gendarmes d’un gitan de la famille des Camborio. Remise en cause de son identité de gitan car il ne fait pas couler le sang. Contraste entre l’obscurité du cachot et la lumière du ciel. |
A José Antonio Rubio Sacristan | Rixe près du fleuve Guadalquivir : « on entendit des cris de mort ». Reprise d’éléments du poème pour décrire l’homme, le gitan du poème précédent. Puis dialogue entre le poète et le gitan : alternance des deux voix. Le poète interroge le gitan sur l’origine de cette mort prochaine, de l’attaque dont il est victime, réponse : la jalousie, annonce par le poète au gitan qu’il va mourir, le gitan termine l’échange en demandant de l’aide au poète. La dernière strophe fait le récit de la mort du Gitan. |
A Margarita Manso | Poème d’atmosphère : Diable et superstition. Tombée de la nuit et évocation de nombreux signes de superstition : gousses d’ail, peur. Odeurs, bruits, cris. Saint Georges : martyr du Vè siècle, saint-patron de la chevalerie, représenté en chevalier qui terrasse un dragon (allégorie de la foi chrétienne sur le démon). Chiffre 7 : chiffre de la création bénie de Dieu, chiffre de la totalité, les 7 pétales d’une rose… |
Pour Emilio Aladrén | Solitude du cavalier aveugle, horizon de rochers et de métal. Nuit blanche, attaque de bœufs. Annonce de sa mort au nommé Amer et on lui demande de se préparer à sa mort qui doit avoir lieu deux mois après le vingt-cinquième de juin. Pendant ces deux mois, il retrouve la vue. Saint Jacques (de l’épée, ordre militaire le plus important d’Espagne, destiné à lutter contre les Maures qui troublaient les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle). Récit de la prédiction dans la dernière strophe. |
A Juan Guerrero Consul général de la Poésie.
| Arrivée de la garde civile espagnole à cheval : noirceur, acier. Description de l’atmosphère d’un village gitan, la nuit. Joseph et la Vierge Marie cherchent leurs castagnettes et vont trouver les Gitans. Apostrophe du poète, avertissement : demande à la ville des Gitans d’éteindre ses lumières car la garde civile espagnole se rapproche. La ville est envahie par les capes, violence décrite. Saint Joseph et Marie secourent les blessés. Rose, la fille de Camborio (= troisième poème dans lequel ce nom est cité) a les deux seins coupés, d’autres jeunes filles sont blessées. A l’aube, silence après le départ de la garde de la ville. Le poète propose à la ville de Gitans de garder son souvenir : « qu’on te cherche sur mon front ». |
A Rafael Martinez Nadal |
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| Minerve : déesse romaine de la guerre, de la sagesse, de la stratégie et de l’intelligence. Mérida : capitale au sud de l’Espagne.
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| Eulalie : de Mérida, vierge martyre morte en 304. Les seins de la vierge : le consul réclame un plateau pour les placer. |
| Eulalie pend à l’arbre. Il neige. |
Complainte lagunaire A Jean Cassou Première lagune Suite
Deuxième lagune Suite
Dernière lagune |
Un cavalier en larmes arrive en quête du « pain et du baiser ». Présence de deux lunes, l’une jalouse de l’autre. Don Pedro arrive dans une ville éloignée (Bethléem ?). Il est devancé par deux femmes et un homme âgé. Les eaux Les deux femmes et l’homme âgé se rendent au cimetière pour retrouver le cheval sans vie du cavalier. Les eaux. Don Pedro s’amuse avec les crapauds. |
Pour Alfonso Garcia-Valdecasas | Lune et vent. Terre pleine de cicatrices. Rêves de Thamar. Puis elle apparaît dénudée à la terrasse. Arrivée d’Amnon, frère de Thamar. Récit du viol de Thamar par Amnon pendant les trois strophes suivantes. Roi David.
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